28 avril 2026 - 13:09
Bahreïn : Vague de Répression et Crainte d’Exécutions Capitales sur Fond de Conflit

En dépit d’un climat sécuritaire extrêmement tendu, la population bahreïnie n’a cessé d’exprimer son opposition véhémente à la normalisation des relations avec le régime sioniste, et ce, bien avant la signature des « Accords d’Abraham ». Ces protestations se poursuivent malgré les risques de convocations, de poursuites et d’arrestations par le régime Al Khalifa. Selon un rapport du journal libanais « Al-Akhbar », le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a clairement révélé une opinion publique bahreïnie hostile à cette agression.

Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Pour illustrer la gravité de la situation, le cas tragique d’un jeune détenu est devenu emblématique.

Mort en Détention et Allégations de Torture

Le 27 mars dernier, les Bahreïnis ont appris la mort en détention du jeune Mohammed Mousavi, âgé de 32 ans, qui aurait succombé sous la torture. Arrêté à un poste de contrôle, il était accusé de sympathie et de coopération avec l’Iran. Suite à la diffusion de photos et vidéos montrant l’état de son corps, le ministère de l’Intérieur du régime a nié l’authenticité des documents, les qualifiant de tentative de manipulation de l’opinion publique. Cependant, aucune explication n’a été fournie sur la cause du décès au centre de détention des services de renseignement, et le rapport d’autopsie n’a jamais été publié.

En réponse, l’association « Al-Wefaq » a déclaré que les images montraient un corps couvert d’ecchymoses, de traces de coups et de possibles brûlures par chocs électriques, considérant ces éléments comme des preuves matérielles de torture. Le 13 avril, Human Rights Watch et le Bahrain Institute for Rights and Democracy (BIRD) ont confirmé, après expertise par un médecin légiste, que les blessures étaient compatibles avec des coups répétés portés avec des objets contondants. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a également appelé à une enquête approfondie.

Face à cette opposition populaire, la réponse des autorités a été une campagne d’arrestations à grande échelle.

Vague d’Arrestations et Menace d’Exécutions Politiques

Ibrahim Al-Aradi, directeur du bureau politique de la « Coalition du 14 février », a rapporté que près de 312 citoyens, hommes et femmes, avaient été arrêtés entre le début de la guerre et le 18 avril. Ces personnes risquent des procès pouvant aboutir à la peine de mort. Il a révélé que le parquet avait requis la peine capitale contre un groupe d’accusés pour « coopération avec l’ennemi ». Leur crime : avoir filmé des zones visées par des missiles iraniens près du quartier général de la Cinquième flotte américaine, un acte qualifié de haute trahison par les autorités. Human Rights Watch a également documenté le cas de Badour Abdelhamid, accusée de trahison et privée de contact avec sa famille pendant cinq jours, ce qui constitue une disparition forcée.

La répression ne s’est pas limitée aux militants politiques, touchant divers pans de la société civile.

Ciblage des Femmes, des Militants et de la Société Civile

M. Al-Aradi a détaillé la diversité des profils ciblés. Parmi eux, un groupe de cinq personnes incluant une femme et un jeune non-voyant, Jaafar Maatouq, précédemment connu pour avoir condamné un attentat contre le Guide suprême de la Révolution islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei. La répression a également touché Zahra Al-Hamad, arrêtée lors d’un raid à son domicile, le musicien et militant écologiste Mohammed Jawad, pour une chanson appelant à la paix, un joueur de l’équipe nationale de basket-ball, l’eulogiste religieux Hassan Nourouz, et le jeune Abdullah Al-Alawi, pour une vidéo s’opposant à l’entrée en guerre du pays. Par ailleurs, des dizaines de citoyens ont été convoqués simplement pour avoir assisté aux funérailles de Mohammed Mousavi.

Malgré l’intensification de la répression, les revendications populaires persistent, tandis que des analystes décryptent les motivations du régime.

Un Régime aux Abois et une Population Déterminée

S’appuyant sur des informations confidentielles, M. Al-Aradi a averti d’un possible « massacre judiciaire » le 28 avril, avec l’annonce de lourdes peines politiques. Il interprète ces mesures comme un signe de la panique qui s’est emparée des monarchies du Golfe, Bahreïn étant la plus craintive, notamment après avoir perdu la protection américaine. Dans un geste révélateur, le régime a gracié et expulsé secrètement 362 prisonniers étrangers le 23 mars, alors que 356 prisonniers politiques bahreïnis sont toujours incarcérés depuis 2011, auxquels s’ajoutent 202 nouveaux détenus d’opinion depuis le 1er mars 2026.

Un jeune expatrié bahreïni a affirmé que le régime poursuit une politique d’intimidation collective, criminalisant son propre peuple pour satisfaire Israël et son protecteur américain. Néanmoins, les Bahreïnis continuent de revendiquer la fermeture des bases américaines, l’annulation de l’accord de normalisation et le retrait de tous les projets hostiles à la nation islamique.

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